SCIENCES
Une nouvelle interface cerveau-ordinateur permet aux patients tétraplégiques de saisir du texte sur un clavier d’ordinateur en traduisant l’activité cérébrale sous-tendant les mouvements de saisie…
Une nouvelle interface cerveau-ordinateur permet aux patients tétraplégiques de saisir du texte sur un clavier d’ordinateur en traduisant l’activité cérébrale sous-tendant les mouvements de saisie à deux mains. La technologie permet d’atteindre une vitesse de frappe maximale de 22 mots par minute sur un clavier QWERTY standard, une vitesse presque comparable à celle d’une personne en bonne santé sur un smartphone. Elle pourrait ainsi offrir une alternative plus familière et plus facile à maîtriser aux systèmes de communication habituellement utilisés par les personnes paralysées.
La perte de la capacité de communication est souvent considérée comme l’un des symptômes les plus invalidants chez les personnes souffrant de paralysie. Afin de pouvoir communiquer, ces personnes ont généralement recours à des dispositifs alternatifs tels que les systèmes de suivi du regard. Leur utilisation consiste à épeler les mots lettre par lettre pour former des mots et des phrases, à l’aide d’un système de suivi des mouvements oculaires.
Ces dispositifs sont cependant particulièrement éprouvants à utiliser et ne permettent pas aux patients de communiquer de manière fluide, sans compter qu’ils sont sujets aux erreurs et nécessitent des recalibrages fréquents. Ces difficultés entraînent des taux d’abandon élevés.
« Ces systèmes sont beaucoup trop lents pour de nombreux utilisateurs. Les patients trouvent souvent ce type de système de communication alternative et améliorée, ainsi que d’autres, frustrants à utiliser », explique dans un communiqué de l’Université de Brown, Daniel Rubin, neurologue en soins intensifs au Centre de neurotechnologie et de neuroréadaptation du Mass General Brigham Neuroscience Institute.
Les interfaces cerveau-ordinateur (ICO) sont proposées comme alternatives potentiellement prometteuses à ces dispositifs. Elles permettent généralement de traduire les signaux cérébraux pour déplacer un curseur et sélectionner des lettres sur un clavier virtuel. Le débit de communication est cependant limité à la vitesse à laquelle l’utilisateur parvient à cliquer sur chaque lettre.
Dans une étude publiée le 16 mars dans la revue Nature Neuroscience, Rubin et ses collègues proposent un ICO permettant de décoder les mouvements des doigts sur un clavier d’ordinateur et qui offrirait un débit de communication plus élevé par rapport à la saisie visuelle.